Saigon, le noeud du problème

La crise aiguë est passée. Les forces françaises sont à Hanoi. Paris a câblé : Commencée le 18 juin 1940, libération de toutes parties de l’Union française est un fait accompli le 7 mars 1946. C’est cependant loin d’être l’euphorie. Dès qu’il a appris la nouvelle de la signature de l’accord préliminaire et de l’accord annexe, l’amiral Thierry d’Argenlieu a noté dans son journal :
Convention préliminaire : bonne impression. En revanche, vive réserve sur l’accord annexe. […]
Cet accord, arrivé le dernier, je le juge lourd de servitudes militaires pour la France au profit du jeune « État libre ». Mais il est contresigné. Nous sommes devant le fait accompli. Comment en sommes-nous arrivés là? La chose est fort sérieuse. […] Ma décision est prise :
La convention préliminaire, visant l’essentiel des problèmes politiques entre France et Vietnam, sera intégralement et sans atermoiement portée à la connaissance du Gouvernement provisoire de la République. L’accord annexe, pièce militaire, simple transaction d’états-majors, appelle une prompte enquête avant sa diffusion.
Et d’Argenlieu demande à Sainteny de lui préciser d’urgence dans quelles conditions et par qui a été décidé, préparé et rédigé cet accord annexe, qu’il souhaiterait ne pas voir livré à la publicité. En même temps, il câble à Paris, à l’attention du président du gouvernement Félix Gouin, le texte de la conven¬tion préliminaire, avec le commentaire suivant :
[…] Nous avons conclu avec le Gouvernement de Hanoi, dans le souci de ne pas laisser passer un instant favorable, un accord préparé depuis quatre mois et devenu de plus en plus désirable.
Tout bien pesé, j’estime cette convention être une bonne convention si elle est appréciée, comme il se doit, du triple point de vue international, […] régional, […] et national. […] Après avoir frôlé la menace de sécession définitive de l’Annam-Tonkin, cet accord les garde librement dans le double cadre de la Fédération indochinoise et de l’Union française.
Cet accord réserve la question de la fusion des trois Ky selon les principes démocratiques, assure l’accueil amical de nos forces et prévient ainsi tout reproche d’ouverture d’hostilités aux fins de reconquête, et assure la sauvegarde présente et future des intérêts économiques et culturels français. […]
Dès le 7 mars, l’amiral a été informé par Sainteny que l’accord annexe a été discuté et rédigé par lui-même et par Pignon, en accord complet avec le général Salan, qui en a approuvé toutes les dispositions. Et Sainteny précise que le principe de la relève n’a été admis par Hô Chi Minh que le dernier jour, contre mise au point de certains détails qui ont été incorporés dans l’accord annexe. Il était impossible de revoir cette questoin sans remettre en cause signature de l’ensemble. Question publicité, Hô Chi Minh l’a déjà laissé publier. […]
Quant à Leclerc, mis au courant, il mande à l’amiral, le 8 mars :
[…] Je ne parle pas de la convention préliminaire qui ne me concerne pas. Par contre, l’accord annexe traitant des ques¬tions militaires n’est évidemment pas parfait. Mais, après réflexion, je crois qu’il peut servir de base de discussion utile. […] L’existence de « bases » permet toutes les interventions nécessaires à la défense des intérêts français. […]
Si nous savons garder le riz et le caoutchouc de Cochin- chine, le port de Saigon et ceux du Tonkin, les révolution¬naires de l’Annam sont forcément obligés de se calmer progressivement. […] accord préparé depuis quatre mois et devenu de plus en plus désirable.
Tout bien pesé, j’estime cette convention être une bonne convention si elle est appréciée, comme il se doit, du triple point de vue international, […] régional, […] et national. […] Après avoir frôlé la menace de sécession définitive de l’Annam-Tonkin, cet accord les garde librement dans le double cadre de la Fédération indochinoise et de l’Union française.
Cet accord réserve la question de la fusion des trois Ky selon les principes démocratiques, assure l’accueil amical de nos forces et prévient ainsi tout reproche d’ouverture d’hostilités aux fins de reconquête, et assure la sauvegarde présente et future des intérêts économiques et culturels français. […]
Dès le 7 mars, l’amiral a été informé par Sainteny que l’accord annexe a été discuté et rédigé par lui-même et par Pignon, en accord complet avec le général Salan, qui en a approuvé toutes les dispositions. Et Sainteny précise que le principe de la relève n’a été admis par Hô Chi Minh que le dernier jour, contre mise au point de certains détails qui ont été incorporés dans l’accord annexe. Il était impossible de revoir cette questoin sans remettre en cause signature de l’ensemble. Question publicité, Hô Chi Minh l’a déjà laissé publier. […]
Quant à Leclerc, mis au courant, il mande à l’amiral, le 8 mars :
[…] Je ne parle pas de la convention préliminaire qui ne me concerne pas. Par contre, l’accord annexe traitant des ques¬tions militaires n’est évidemment pas parfait. Mais, après réflexion, je crois qu’il peut servir de base de discussion utile. […] L’existence de « bases » permet toutes les interventions nécessaires à la défense des intérêts français. […]
Si nous savons garder le riz et le caoutchouc de Cochin- chine, le port de Saigon et ceux du Tonkin, les révolution¬naires de l’Annam sont forcément obligés de se calmer progressivement. […]

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